Dans cette rubrique, nous présentons le concept de revenu de base ou revenu universel.
Pour aller plus loin, rendez-vous sur le site référence, celui du Mouvement Français pour un Revenu de Base !

Quelle définition pour le "Revenu de Base" ou "revenu universel" ?

L’association Mon Revenu De Base partage la conception du revenu de base (ou revenu universel) telle qu’elle est définie par le Mouvement Français pour un Revenu de Base (MFRB). Les éclaircissements qui suivent sont des extraits des travaux du MFRB.

Le revenu de base (ou revenu universel) est un revenu versé par une communauté politique à tous ses membres, sans exception.

Il est défini comme étant :

  • Universel : tous les membres de la communauté le reçoivent, quels que soient leurs revenus ou leurs situations professionnelles,
  • Individuel : il est versé à chaque membre du foyer, sans considération des revenus de ses autres membres,
  • Inconditionnel : pas besoin de justifier une recherche d’emploi, ni de travailler en échange,
  • Cumulable : il s’additionne avec toute forme de salaire issu d’un emploi déjà existant et de toute autre forme de revenus,
  • Inaliénable : il ne peut être saisi, le bénéficiaire ne peut en être dépossédé,
  • Permanent : il est versé automatiquement de la naissance jusqu’à la mort et assure ainsi un filet de sécurité tout au long de la vie.

Cette définition doit être prise comme un tout indissociable. Elle est conçue de façon à délimiter un cadre à l’intérieur desquelles des options différentes sont possibles.

Tout comme le MFRB, l’association Mon Revenu de Base considère que l’instauration d’un revenu de base ne doit pas remettre en cause les systèmes publics d’assurances sociales, mais compléter et améliorer la protection sociale existante.

Quel parcours pour le revenu de base dans le Monde ?

16ième siècle, Europe : des intellectuels donnent naissance à l’idée du revenu de base vue alors comme une solution astucieuse contre le vol.

 

1776, États-Unis, État de Virginie : Thomas Jefferson, futur Président, lance un programme d’accès à la propriété visant à garantir un revenu sûr aux plus pauvres repris par la suite par d’autres états.

 

18ième et 19ième siècle, France, Angleterre, Belgique : des intellectuels se positionnent pour un revenu de base, s’appuyant sur l’usage des terres ou des héritages.

 

1862, États-Unis : Le président Abraham Lincoln signe la première loi fédérale de propriété fermière « Homestead Act ». Elle accorde une parcelle de terrain public à toute famille qui accepte d’y résider et de la cultiver pendant cinq ans.

 

Fin 19ième siècle, début 20ième siècle, Etats-Unis, Angleterre : l’idée du revenu de base où chaque individu reçoit la nourriture, le logement, l’éducation, et les soins dont il a besoin émerge de plus en plus précisément dans les ouvrages d’intellectuels.

 

1934, Etats-Unis :  Huey Long, démocrate, lance le mouvement « Share Our Wealth » visant à obtenir le versement de revenus annuels garantis de 5000 $ à toutes les familles.

 

1948, France : proclamation de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme dans laquelle plusieurs articles vont dans le sens d’un revenu inconditionnel, notamment les articles 3 et 25. L’article 25, particulièrement représentatif, stipule : “Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires; elle a

droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.”

 

1967, Etats-Unis :  Martin Luther King dans son ouvrage : « Where do we go from here : Chaos or Community ? » soutient l’instauration d’un revenu de base.  Il y voit le moyen le plus simple d’abolir la pauvreté mais aussi un outil d’émancipation des individus.

 

1968aujourd’hui, États-Unis et Monde : quatre programmes d’expérimentation sont lancés aux Etats-Unis en 1968. Suivront de nombreux autres à travers le monde au fil des décennies : au Canada (1974 – 1979), en Ouganda (2008– 2013), au Kenya (2008– 2015), en Namibie (2008–2010) …

 

1968 – 1972, Etats-Unis :  James Tobin, économiste et démocrate, est l’initiateur d’un appel au congrès (avec 1 200 autres économistes) en faveur d’un revenu de base universel. Mais face à la défaite du candidat démocrate contre Richard Nixon, le projet est enterré.

On retiendra qu’au début de l’initiative en 1968, année de toutes les espérances, les économistes s’adressent en ces termes au Congrès : « Le pays n’aura pas pris ses responsabilités tant que chaque membre de la nation ne se verra pas garantir un revenu qui ne saurait être inférieur au seuil de pauvreté officiellement reconnu ».

 

1976 – aujourd’hui, Etats-Unis, Etat de l’Alaska : le gouvernement de l’état introduit un revenu universel financé par les bénéfices du pétrole au travers d’un fond souverain. Toutes les personnes résidant légalement en Alaska depuis au moins six mois reçoivent chaque année un dividende égal quelque soit leur âge et leur durée de résidence dans l’état. Cependant, il ne permet pas d’assurer à lui seul le minimum vital aux habitant·es.

 

1977, Pays-Bas : le petit parti des radicaux est la première formation politique européenne dotée d’une représentation parlementaire qui intègre officiellement le revenu de base dans son programme électoral. Le mouvement est rapidement amplifié à l’entrée en scène d’un syndicat de l’alimentation.

 

1986, Belgique, Université de Louvain : fondation du BIEN, aujourd’hui le « Basic Income Earth Network ». Il vise à rassembler tous·tes les acteur·rices qui œuvrent à l’instauration d’un revenu de base dans le monde.

 

1989, France : l’Association pour l’Instauration d’un Revenu d’Existence (AIRE) est la première association qui défend le revenu de base en France.

 

2004, Brésil : le président Lula signe début janvier 2004 la loi instaurant une allocation universelle pour tous·tes les Brésilien·nes :  le Brésil devient ainsi le premier pays au monde à voter le droit à un revenu de base. Le texte précise néanmoins que l’on commencera par les plus nécessiteux et que la généralisation graduelle à toute la population est soumise à une condition de faisabilité budgétaire.

 

2006, Monde :  en 2006 paraît le premier numéro de la revue trimestrielle Basic Income Studies qui publie des articles de chercheur·euses du monde entier sur le revenu de base, elle peut être consultée gratuitement en ligne.

 

2008–2010, Allemagne : fatiguée des salaires modiques et des aides sociales insuffisantes, une assistante maternelle décide en 2008 de lancer une pétition en ligne demandant au Bundestag de se pencher sur la question du revenu de base. La pétition dépasse le seuil des 50 000 signatures requises et donne lieu à un important débat dans le pays. La demande sera finalement déboutée par le Bundestag.

 

2010, Iran : en remplaçant les subventions sur l’énergie et l’alimentation par une subvention en espèces versées aux citoyen·nes, le président accorde de fait un revenu de base inconditionnel aux familles iraniennes.

 

2011, Singapour : à la suite d’une croissance record de 12 % en 2010, le gouvernement singapourien distribue de manière exceptionnelle un « dividende de croissance » de 100 à 800 $ pour ses citoyen·nes adultes.

 

2012-2016, Suisse : après un premier échec en 2010, un comité de militant·es lance en 2012 une initiative populaire « pour un revenu de base inconditionnel ». La tentative réussie et l’initiative peut être déposée avec plus de 126 000 signatures valables le 4 octobre 2013. A cette occasion, les militant·es déversent 8 millions de pièces de cinq centimes devant le palais fédéral de Berne soit une pour chaque Suisse.

 

2013, Europe : en janvier 2013 une initiative citoyenne européenne est officiellement lancée pour que la Commission européenne et le Parlement européen se penchent sur le revenu de base : elle se termine en janvier 2014 après avoir collecté plus de 300 000 signatures dans tous les pays de l’Union Européenne, un chiffre impressionnant mais inférieur au million nécessaire, les organisateur·rices décident de prolonger l’initiative par la création du réseau européen pour un revenu de base UBIE (UniversalBasic Income Europe).

 

2013, France : création du MFRB (Mouvement Français pour un Revenu de Base) en mars.

 

2013 – aujourd’hui, Finlande : en 2013, La Finlande a commencé cette année à tester un revenu universel à l’échelle du pays, sur 2000 personnes. Au 1ier janvier 2017, la Finlande devient le premier pays européen à l’expérimenter au niveau national. Deux mille personnes, âgées de 25 à 58 ans, ont été tirées au sort pour percevoir 560 euros par mois pendant deux ans. Seule particularité, l’échantillon se limite à des personnes en recherche d’emploi et bénéficiant déjà d’une allocation chômage.

 

2014, Espagne : une coalition d’organisations militantes espagnoles décide de lancer une initiative législative populaire pour inviter le parlement à se pencher sur le revenu de base. Après un an de campagne, l’initiative récolte 185 000 signatures soit moins que les 500 000 requises mais permet de faire émerger un débat d’ampleur nationale.

 

2015, Etats-Unis, Silicon Valley : le revenu de base devient une idée tendance, soutenue par les patrons emblématiques de la région (parmi lesquels Mark Zuckerberg, Elon Musk, Bill Gates,…).

 

2015 – aujourd’hui, Allemagne : depuis deux ans et demi, l’association « Mein Grundeinkommen » expérimente le revenu universel grâce au crowdfunding.  Elle a aujourd’hui récolté assez d’argent pour distribuer un revenu de 1 000 euros par mois pendant un an à 119 personnes.

 

Les expérimentations dans le monde… ça a donné quoi ?

Si les expérimentations sont nombreuses, elles n’ont pas forcément été très médiatisées.  Quelques résultats pour les plus connues :

 

19681982 : États-Unis

Quatre programmes d’expérimentation du revenu de base sont lancés afin de répondre notamment à trois questions :

  • Les gens travailleraient-ils moins ?
  • Le revenu de base coûterait-il trop cher ?
  • Le revenu de base s’avérerait-il réalisable ?

Résultats

Les résultats de ces expérimentations concluent que l’effet de désincitation au travail du revenu de base reste modéré. Par ailleurs, il est démontré qu’il est peu coûteux et que sa mise en œuvre est réalisable.

 

19741979 : Canada

Le gouvernement canadien a testé, à titre d’expérience pilote, le versement d’un revenu de base à l’échelle locale (dans deux villes de la Province de Manitoba). Le programme, baptisé Mincome, alloue à 1 000 familles de la commune, 30 % des habitants, un revenu mensuel sans contrepartie (1 650 € pour une famille de 4 personnes). L’expérience dura quatre ans, observée sur toutes les coutures par des économistes, des sociologues et des anthropologues.

 

Résultats

Ce programme n’a nullement eu pour effet de décourager les bénéficiaires de travailler. Au contraire, il a poussé les jeunes à parfaire leur formation et les parents à passer plus de temps avec leurs enfants. Plus précisément :

  • les jeunes adultes reportèrent le moment de se marier et le taux de natalité s’effondra,
  • les performances scolaires s’améliorèrent considérablement, les étudiant·es poursuivaient plus longtemps leurs études,
  • le temps de travail ne diminua que de 1 % pour les hommes et 3 % pour les femmes mariées et 5 % pour les femmes célibataires,
  • le nombre d’hospitalisation diminua de 8,5 % ,
  • les violences conjugales et les pathologies psychiques s’estompèrent.
  • les conséquences positives en terme de revenus et de santé sur la génération suivante.

 

2008– 2013 :  Ouganda

Le gouvernement distribua pendant 5 ans, 400 € à 12 000 personnes, âgées de 16 à 35 ans pour réaliser l’expérimentation.

 

Résultats

Cinq ans plus tard, les revenus des bénéficiaires avaient augmenté de 50 % et leur employabilité de 60%.

Un autre programme en Ouganda a distribué 150 $ à 1 800 femmes pauvres, leurs revenus ont augmenté de plus de 100 %.

 

2008– 2015 :  Kenya

Dans un village Kenyan, les habitant·es les plus pauvres d’un village ont reçu une somme d’argent conséquentes, une unique fois.

 

Résultats

Il a été observé que les maisons ont été réparées, des petites entreprises ont vu le jour.

D’après une étude du M.I.T. sur cette expérience, les dons directs en argent où 93 % des sommes vont directement aux destinataires :

  • augmentent durablement les revenus (+ 38 %),
  • boostent l’acquisition du logement et du bétail (+ 58 %),
  • réduisent le nombre de jours où les enfants ont faim (de 42 %).

 

2008–2010 :  Namibie

Dans un village de Namibie, tous·tes les habitant·es de moins de 60 ans ont reçu pendant deux ans un revenu mensuel garantie de 100 $ namibien.

 

Résultats

Les effets furent particulièrement positifs : baisse de la criminalité de 42%, baisse de l’absentéisme à l’école, augmentation des micro-entreprises, augmentation des revenus, baisse du chômage et les chiffres de la malnutrition ont plongé de 42 % à 10.

 

2009 : Angleterre, Londres

Devant le coût en dépenses de police, frais de justice et des services sociaux (400 000 livres par an) causés par 13 pauvres sans abri, une organisation d’aide décide de donner à chacun 3 000 livres, libre à chacun de se débrouiller pour la suite.

 

Résultats

Un an après ils·elles n’avaient dépensé en moyenne que 800 livres. Un an et demi après, sur les 13 personnes sans domicile fixe, sept dormaient sous un toit, deux autres étaient sur le point de s’installer dans un appartement. Tous avaient fait des pas déterminants pour trouver une place dans la société. Ils suivaient des cours, apprenaient la cuisine, étaient en cure de désintoxication ou faisaient des projets d’avenir.

Le coût ? 50 000 livres par an avec les salaires des travailleur·euses sociaux·iales accompagnant·es !

 

2011 : Inde

Une expérimentation de revenu de base est lancée, conduite par l’association des travailleurs autonomes un syndicat qui défend depuis 40 ans les femmes à bas revenus. Chaque homme, femme et enfant dans 8 villages recevait un revenu individuel et inconditionnel tous les mois, pendant 18 mois : 200 roupies pour les adultes (2,70 euros) et 100 roupies par enfant.

 

Résultats

Les effets observés furent largement positifs : l’état de santé des populations s’est amélioré (hausse des dépenses alimentaires et des dépenses médicales), les résultats scolaires se sont améliorés (l’assiduité à l’école a triplé), deux fois plus de personnes ont pu démarrer une nouvelle activité et le salaire moyen des femmes a progressé.

 

2014 – aujourd’hui :  Allemagne

En deux ans et demi, grâce au crowdfunding, l’association Mein Grundeinkommen a récolté assez d’argent pour distribuer un revenu de 1 000 euros par mois pendant un an à 74 personnes.

 

Résultats

Les premières observations proviennent de témoignages partagés par de nombreux·ses gagnant·es qui ont souhaité faire part de leur expérience à l’association.

Après avoir participé « un peu par hasard », une « slow business coach » évoque la fin d’une « peur existentielle ». Elle assure avoir dépassé ses tourments quotidiens :

« En tant qu’auto-entrepreneuse, j’avais toujours ce stress de ne pas avoir assez de clients dans le mois pour pouvoir subvenir à nos besoins, à ma femme, mes enfants et moi […] Vivre sans cette peur de savoir si on aura assez d’argent pour subsister est la chose la plus importante qu’apporte le revenu universel. Ça ne résout pas tous les problèmes mais ça permet de se poser les bonnes questions sur la vie qu’on souhaite mener. »

Elle a également pour projet d’écrire un livre sur son expérience de coach et sa gestion du temps :

« Beaucoup pensent qu’il faut travailler dur pour bien gagner sa vie, mais on se rend bien compte que ces conditions de vie détruisent les gens. Le progrès technologique est censé nous apporter une autonomie mais on n’en profite pas. »

Un agent de centre d’appels en Allemagne ayant participé puis remporté son revenu universel en octobre 2014 quittait deux mois plus tard, un travail peu épanouissant à son goût pour suivre une formation d’instituteur.

Parmi les autres gagnant·es, aucun·e ne semble être tombé·e dans la fainéantise tant redoutée par les pourfendeur·euses du revenu de base. Beaucoup, au contraire, affirment que ce gain sur un an leur a permis de se créer des opportunités.

 

Distribuer de l’argent sans condition paie.

 

De toutes les expérimentations relatives au revenu de base, les avantages qui en ressortent sont nombreux :

 

– les foyers font bon usage de l’argent,

– la consommation d’alcool, de tabac et de drogues diminue,

– la pauvreté décline,

– la santé s’améliore,

– l’activité, les revenus et les impôts augmentent,

– la qualité de vie émerge au centre des préoccupations.

Le revenu de base va-t-il amener à une société de fainéants cyniques et paresseux

Affirmer que le revenu de base générera une société de fainéant·es, c’est considérer que vivre avec 1 000 € par mois, donc aux alentours du seuil de pauvreté est satisfaisant. Les résultats des premières expérimentations et les premiers éléments de l’étude menée avec la Fondation Jean Jaurès laissent entrevoir que le revenu de base entraînerait un gain monétaire plus important en faveur des « travailleur·euses pauvres » que des bénéficiaires du RSA. Ces dernier·es verraient cependant leurs droits garantis sans risque de rupture.

Alors, le revenu de base serait socialement injuste ? Non, lorsque le principal préjugé est celui d’un prétendu « farniente pour tous »…

Et, sincèrement, quelles seraient les contre-indications à donner à termes, une vie faite de plus de temps libre et de plaisirs au plus démunis ? Comme le dénonce, John Kenneth Galbraith dans « The Affluent Society » en 1969 :

« Pourquoi le loisir est-il si uniformément mauvais pour les pauvres et si uniformément bon pour les très riches ? […] il n’y a pas d’antidote contre la pauvreté dont l’efficacité soit aussi certaine que le versement d’un revenu. »

 

Pourquoi il faut donner de l’argent aux pauvres sans contrepartie ?

Donner de l’argent directement au plus démuni·es est plus efficace et plus rapide pour aider vraiment les personnes en souffrance. Cette révolution des mentalités semble déjà s’être mise en route suite notamment à l’analyse des protocoles et de la gestion de crise qui avait suivi le tremblement de terre en Haïti. De plus de nombreuses expérimentations sur le sujet viennent étayer ces arguments.

 

Une des premières idées reçues est que les pauvres sont incapables de gérer leur argent. Or, bien au contraire, ces dernier·es savent mieux que quiconque comment le dépenser pour s’en sortir. Si on reprend l’expérience en Ouganda en 2008 où des jeunes ont reçu un an de revenus sans condition, les résultats montrent que ces dernier·es ont investi dans des formations, commencé à mieux se nourrir, trouvé un emploi … : ils·elles avaient juste besoin de capitaux pour se lancer.

 

De plus cela contribue à dynamiser la politique locale : petit à petit tous les secteurs de l’économie en profitent, les enfants sont en meilleures santé, beaucoup plus scolarisés. Un net recul de la pauvreté est observé.

 

Une autre idée reçue, qui a la peau dure…, insinue un coût démesuré pour la mise en place d’un revenu universel. Là encore, l’expérience de Londres en 2009 montra que de verser directement une somme aux plus démuni·es permis d’économiser plus de 8 fois ce que leur prise en charge coûtait auparavant à la société (en frais sociaux, de police et de justice).

 

Alors, ne nous laissons pas aveugler par les croyances sur les effets pervers du revenu de base !

Est-ce envisageable de toucher un revenu dont le seul critère est d’exister ?

L’article 25, Déclaration Universelle des Droits de L’homme de 1948, stipule :

« Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé et son bien-être et ceux de sa famille notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux, ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté ».

 

Ainsi, pour y répondre, le contrat social proposé par le revenu de base réside dans une liberté nouvelle, offerte à chacun·e, d’opérer un choix : celui de travailler pour améliorer son niveau de vie, celui d’un engagement citoyen, celui de se consacrer à un proche, celui de permettre des changements de parcours, celui de faire face aux passages chaotiques d’une vie. Le tout en assurant le minimum vital relativement à sa santé et ses conditions de vie.

Notre société doit cesser de réduire l’existence d’une personne/ d’un individu à une somme perçue suite aux efforts qu’il·elle a dû fournir. Elle doit aussi soutenir, aider chacun·e à s’épanouir autrement et par la même renforcer les liens de solidarité entre toutes et tous.

En ce sens, le revenu de base est un outil efficace et solide.

Qu’est-ce que cela pourra apporter à la société ?

Le revenu de base est un investissement sur le long terme pour permettre aux individus  d’être plus libres et de créer une valeur davantage humaine dans un monde toujours plus oppressé par des “ obligations ” d’efficacité et de profits.

 

Aujourd’hui, les parcours dans le monde du travail ne sont ni linéaires ni stable comme lors des « Trente Glorieuses », mais fragmentés, mobiles, liés à des choix ou des contraintes de vie. Contrats précaires, « ubérisation » des métiers, réorientations professionnelles, création d’entreprise, engagement dans l’associatif ou l’humanitaire, nécessité d’accompagner la fin de vie d’un·e aîné·e, l’éducation d’un·e enfant ou une personne en situation de handicap, besoin de temps partiel, autant de sections de vie, parfois subies, parfois voulues, qui demande de cumuler à la « valeur du travail », des aides de l’état et/ou une activité sociale.

 

Le revenu de base est la garantie de pouvoir assurer ce cumul. Le travail n’est pas soluble dans le revenu de base : les deux ont vocation à cohabiter et à se combiner.

Par voies de conséquences, cela réduira les aides de l’Etat vu que chaque citoyen·ne pourra mieux s’investir dans ses projets, pour son cercle proche et son cercle local. Par suite, cela contribuera à redynamiser les économies d’abord locales, puis nationales.

 

Tout ceci n’élimine pas la nécessité de mener des politiques publiques en faveur de l’emploi, de la justice sociale etc… Le Revenu de base n’est pas la panacée, mais bien un outil pour affronter les défis d’aujourd’hui.

J’ai déjà un travail, qu’est-ce pourra m’apporter le revenu de base ?

Beaucoup pensent qu’il faut travailler dur pour bien gagner sa vie, mais pour certain·es, le travail n’est que subi et peut être destructeur.

La question sous-jacente, que chacun·e doit se poser est de savoir quelle vie il·elle souhaite mener ?

En France, le travail devient de moins en moins un vecteur d’accomplissement personnel mais acquiert une image de dureté où le nombre de « burn out », d’accidents de travail et dépressions explosent ces dernières années.

Il faut donc remettre l’humain au centre du débat « Travail » !

Précisément, le revenu universel peut libérer des énergies pour le travail associatif ou des activités artistiques peu rémunératrices, et jouer le rôle de subvention à une vie sociale plus épanouissante. Il peut aussi encourager la prise de risque et la création d’entreprises.

De fait, les liens sociaux s’en trouveront renforcés, la générosité se développera et la créativité sera stimulée. Un changement de mentalité d’une vie subie vers une vie choisie s’opérera inévitablement.

Pourquoi l’idée du revenu de base (ou revenu universel) qui n’est pas si neuve, a-t-elle le vent en poupe ?

L’une des réponses est à chercher du côté des nouvelles technologies, ce qui explique également pourquoi les pontes de la high-tech de la Silicon Valley y croient également. Selon le Forum économique mondial, 5 millions d’emplois seront détruits dans le monde d’ici à 2020. La faute, notamment, à l’automatisation. Un cabinet d’étude évoquait de son côté 3 millions de postes supprimés d’ici 2025 rien que pour la France.

Les plus optimistes ou pragmatiques rétorquent que la destruction créatrice en économie existe depuis la première révolution industrielle et les révoltes des luddites contre les métiers à tisser. Mais cette fois-ci, les robots et l’intelligence artificielle ne touchent pas que les métiers peu qualifiés, mais toutes les professions. Bref, la classe moyenne est également concernée.

Et oui…, le danger de perdre son travail commence à toucher les cols blancs, cœur de la classe moyenne. Même dans le secteur tertiaire, l’emploi humain est menacé comme le montre l’intérêt de plus en plus marqué des banques et des sociétés d’assurances pour les machines du type « chargé de compte virtuel ». Selon plusieurs instituts internationaux, 40 % à 50 % des ­emplois auront disparu dans les vingt prochaines années !

« L’humain est devenu une variable d’ajustement parmi d’autres. Un facteur toujours moins important, parce que les machines sont toujours plus prépondérantes dans le système de production du ­capital. L’humain finit même par être perçu comme le grain de sable qui fait que le système pourrait ­dysfonctionner », estime Daniela Cerqui, anthropologue des sciences à l’université de Lausanne.

 

Comme Francis Blanche, plutôt que changer le pansement, nous voulons penser le changement !

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